Chine

Décodage de la stratégie d'intelligence artificificielle de la Chine

Tik Tok est le premier ambassadeur involontaire de l'industrie chinoise de l'intelligence artificielle qui s’apprête à envahir l’internet mondial. Le gouvernement chinois ne l'avait pas intégré à son plan. Décodage de la stratégie d'intelligence artificielle du gouvernement chinois.

Avec quelque 1,5 milliard de téléchargements dans le monde, dont 124 millions aux États-Unis et 10 millions en France en novembre 2019, TikTok est en train de s'imposer comme le premier réseau social global d'origine chinoise rivalisant avec Facebook, Instagram, Twitter et YouTube et est en voie de ringardiser Snapchat. Dans l'univers de TikTok, un groupe de préadolescents faisant des "chorés" peut devenir viral du jour au lendemain ; un furet dansant peut cumuler des millions de vues ; ou un clip d'un homme remuant dans un costume de lapin en peluche peut se transformer en gif.

Bien que le contenu de TikTok soit créé par la base d'utilisateurs obsessionnels de l'application, ce sont les algorithmes de recommandation de l'entreprise, reposant par l'IA, qui personnalisent les choix pour les utilisateurs , qui rendent la plateforme si addictive. Cet algorithme a été mis au point par la société mère de TikTok, Beijing Bytedance. Et grâce au succès fulgurant de TikTok, Bytedance est devenue un acteur emblématique de la course aux armes de l’intelligence artificielle.

On pourrait imaginer que le succès de Bytedance s'inscrit dans la stratégie d'intelligence artificielle du gouvernement chinois pour devenir le leader mondial de l'intelligence artificielle.

On pourrait croire que le succès de Bytedance est lié au méga plan d'investissement à 1000 milliards de dollars.

On pourrait croire que le succès de Bytedance est lié aux dizaines de milliers de brevets que la Chine dépose chaque année dans le domaine de l'IA.

On pourrait croire que le succès est lié à l'abondance des "data" disponibles en Chine.

Mais il n'en est rien.

A croire que dans le nouveau comme dans l'ancien monde, à l'ère des algorithmes prédictifs, le succès ne peut ni être provoqué, ni prévu avec certitudes.

Se pourrait-il alors qu'il existe un espace pour la France dans cet univers, ce petit pays qui à déjoué à plusieurs reprises de son histoire les pronostics.

C'est en tout cas la conviction de 24pm Academy depuis plusieurs années déjà.

Pour tuer le suspens et permettre au plus pressés de nos lecteurs d'économiser le temps de lecture de l'intégralité de l'analyse.

Le plan du gouvernement chinois pour acquérir le leadership en matière d'IA s'appuie sur:

- des entreprises tech chinoises d'une certaine taille qu'il protége sur le marché intérieur, finance (via des prêts ou des subventions), à qui il passe comment via des appels d'offres biaisés à condition qu'elles appliquent à la lettre les objectifs qui leur sont assignés. Dans ce plan, Baidu doit devenir le champion des véhicules autonomes, Tencent (Wechat) doit devenir le numéro un de la reconnaissance d'image pour le diagnostic médical, Huawei doit être leader des devices IA, de l'edge computing et des applications AI du cloud (en face de Google Cloud, Microsoft ou AWS), Alibaba doit devenir leader de la smart city et Sensetime, le leader de la computer vision.

- une approche centralisée pour la stratégie et décentralisée pour l'exécution: le gouvernement central fixe l'objectif, débloque des financements, les régions ont leurs propres budget, de même que les villes et agglomérations. Chacun à son niveau doit contribuer à la création d'un écoystème propice au développement de champions nationaux. Au dessous de tout cela, vient s'ajouter du financement privé et des entrepreneurs que le gouvernement a du mal à suivre.

- les synergies avec d'autres projets sont sensés renforcés et accélérer l'industrie de l'IA (route de la soie/belt road, développement de l'industrie militaire, développement de la voiture électrique...)

 - enfin, la Chine encourage le transfert de technologie et de ressources humaines au travers de rachats, prise de participations et de contrats avec des centres de recherches et de chercheurs étrangers

Ce plan, sérieux, politiquement correct, bien pensé sur le papier, ne fait pas de place à des acteurs comme Bytedance qui est pourtant en train d'écrire une sorte d'histoire à la Facebook, le réseau dont le développement s'appuie sur l'égocentrisme, qui est financé par la publicité et qui rend ses utilisateurs accro grâce à un moteur de recommandation s'appuyant sur l'intelligence artificielle. C'est une combinaison qui ne rentre pas dans les cases du 下一代人工智能发展计划 (Plan de développement de l'intelligence artificielle de nouvelle génération).

Comment expliquer ce succès inattendu ?

Pour qu'une entreprise de nouvelle technologie rencontre le succès, il faut que 6 conditions soient réunies:

  1. La maturité de la dite technologie (niveau de performance, potentiel d’industrialisation ou de scalabilité en novalangue,
  2. Il faut qu’un ou plusieurs fous poussent l’innovation : Nolan Bushnel d’Atari pour les jeux vidéo inventé par d’autres mais popularisé par Atari, Steve Jobs pour le micro ordinateur avec une souris (micro ordinateur inventé en France par André Truong et Paul Mageron et souris inventée par les laboratoires Bell, mais restés tous deux confidentiels jusqu’à Apple), Marc Zuckerberg qui repackage les communautés virtuelles qui existait depuis Jeff Bezos et une dizaine d’autres fous qui en 1994 ont décidé que l’ère de l’ecommerce à grande échelle était venu qui existait en France depuis 1981 via le Minitel ou le videotext en Angleterre, sans parler de l’EDI remontant aux années 70)
  3. La convergence d’intérêts économiques du grand capital (par exemple, les pétroliers ont ralenti le développement des énergies renouvelables, les chimistes ont ralenti la permaculture et l’agriculture biologique, pourtant tout aussi productives) parce que leurs intérêts étaient opposés au développement de ces technologies plus performantes. A cet égard, l’essor des nouvelles technologies est directement lié à l’abondance de capital disponible à la fin des années 90 et à l’ultra abondance de capital liée aux politiques de quantitative easing. A une autre époque, l’essor de l’industrie automobile a aussi été rendu possible par le capital accumulé lors des révolutions industrielles de la fin du XIXe siècle.
  4. Le rapport utilité coût pour l’acheteur.

    L’essor des ventes de voitures au XXie siècle doit beaucoup au fait qu’elle répondait à un besoin essentiel (se déplacer soit même ou déplacer des marchandises), mais aussi aux techniques de production d’Henri Ford, qui en fait drastiquement chuter le coût : on prédit souvent qu’une technologie chère va se diffuser une fois que les coûts auront baissé, mais ce phénomène ne se produit pas toujours ou pas toujours rapidement. Et si le coût ne baisse pas, le rapport utilité/coût n’augmente pas et la technologie se diffuse moins rapidement.

    L’essor des réseaux sociaux a été très étroitement associé à l’évolution du rapport utilité/coût, mais une utilité particulière (valorisation de l'individu, du besoin de reconnaissance, divertissement...)

  5. La mode ou effet moutonnier ou effet de mimétisme ou capacité d’acceptation.
    Ce dernier facteur étant très lié aux questions de génération (l’ecommerce a décollé grâce à la génération X, le commerce mobile et les réseaux sociaux grâce à la génération Y et les usages avancés de l’IA seront probablement adoptés massivement par la génération Z voir par les suivants (que l’on commence à désigner sous le terme de génération Alpha)
  6. Il ne doit pas y avoir de crise majeure (guerre, grande dépression) : la pénétration de l’automobile qui suivait depuis la fin des années 10, une pente ascensionnel (ou progression exponentielle en novalangue) qui n’avait rien à envier aux courbes de progression des ventes des smartphones jusqu’à être interrompue par la grande dépression puis la guerre qui a orienté l’appareil productif vers l’armement

Le plan Chinois pour acquérir la domination de l'intelligence artificielle ne traite pas quatre points:

  • le fou qui est prêt à mourrir pour son projet (par exemple, Alibaba n'a plus de Jack Ma depuis sa démission et de toute façon, Jack Ma ne serait jamais mort pour l'IA),
  • le rapport coût/utilité pour l'acheteur n'est pas validé pour la moitié des grandes applications prévues dans le plan
  • les crises sont difficiles à anticiper: le corona virus qui est apparu début 2020 pourrait avoir des effets sur l'économie chinoise aussi importante que le SRAS en 2003 qui avait fait perdre 40 milliards à l'économie chinoise,
  • La maturité des technologies: si l'IA progresse rapidement, tous ses domaines d'application ne sont pas aussi murs les uns que les autres.

Bref, si la France coche les 6 cases, elle peut doubler la Chine dans certains secteurs de l'IA:

 

  • Miser sur les technologies d'IA mures
  • Repérer les entrepreneurs fous
  • Mettre en évidence la convergence d’intérêts économiques du grand capital
  • Miser sur les applications où le rapport utilité/coût pour l’acheteur est élevé (la France a une carte à jouer sur le PRA, largement ignoré par le plan chinois)
  • Stimuler l'effet moutonnier afin d'accélerer l'adoption à grande échelle de l'IA pour booster la productivité des entreprises.
  • Intégrer la gestion d'une crise majeure dans le plan de développement de l'IA

 

L'essentiel étant exposé, rentrons maintenant dans les détails.

Bytedance est une sorte d'accident industriel

La société Bytedance a été fondée en 2012 par Zhang Yiming, ancien ingénieur de Microsoft. Six ans plus tard, une levée de fonds de 3 milliards de dollars menée par SoftBank a valorisé Bytedance 75 milliards de dollars, la classant ainsi parmi les start-ups les plus précieuses au monde. C'était avant que TikTok ne franchisse le seuil du milliard d'utilisateurs.

Au vu de sa maîtrise opérationnelle de l'intelligence artificielle et de sa popularité en dehors de la Chine, Bytedance devrait, en théorie, être chouchoutée par les décideurs politiques de l’empire du Milieu. Au lieu de cela, la start up n’a pas les faveurs du gouvernement car elle a du présenté des excuses officielle à cause de la diffusion de certains contenus sur ses différentes applications (Bytedance possède d'autres plateformes de partage de vidéos et une application d'agrégation d’actualité appelée Toutiao qui utilise l'IA d'une manière similaire à TikTok).

Il y a d'autres raisons pour lesquelles Bytedance n'a peut-être pas été choisie par les officiels chinois pour porter la bannière de l'industrie chinoise de l’intelligence artificielle. Le gouvernement central a l'intention de faire de l'intelligence artificielle l’une des armes de sa suprématie économique mondiale, mais aussi un outil de sa gouvernance sociale et un outil clé de sa future domination militaire (prévue pour 2025-2020). En bref, Pékin a prévue une intégration fine de l’intelligence artificielle à tous les niveaux de la société, mais les vidéos inutiles ne font pas partie de ce plan.

Mais si Bytedance peut apparaître, d'une certaine manière, une exception dans l'écosystème chinois de l'IA en pleine croissance, mais aussi des discours dominants sur l’impact de l’IA dans l’économie qui sont centrés sur l’automatisation, les objets intelligents, les systèmes prédictifs et les systèmes experts. Et pourtant, ce n’est pas la première fois que l’usage le plus répandu d’une nouvelle technologie est futile : se souvient-on que les deux seules applications de réalité augmentée qui ont rencontré un succès grand public sont Pokemo Go et les filtres de Snapchat…

Quoiqu’il en soit, Tik Tok reste quand même un modèle pour l’ecosystème IA chinois, attendu qu’il repose à la fois sur les deux mamelles de l’IA chinoise que sont les énormes sommes de capitaux publics et privés qui circulent et la recherche fondamentale sur l'IA

C'est un jeu de société qui a contribué à lancer l'actuel boom de l'IA en Chine. En 2016, Lee Sedol, un maître sud-coréen de l'ancien jeu chinois de Go, a joué au jeu de go contre un système d'IA développé par DeepMind, une startup d'IA appartenant à Alphabet. Le but du Go est d'entourer plus de territoire que votre adversaire sur un plateau de 324 cases en posant des pièces ressemblant à des cailloux, et il est considéré par les experts de l’IA, comme étant plus complexe que les échecs. Quelque 280 millions de personnes en Chine ont regardé le jeu à la télévision. Lee était convaincu qu'il allait battre l'algorithme. Il a perdu toutes 4 parties sur 5.

Pour les décideurs politiques de Pékin, assister à la défaite d'un humain par un ordinateur occidental alimenté par l'IA dans le jeu chinois par excellence, a provoqué une prise de conscience considérable. Avant 2017, l'IA était considérée par la Chine comme l'une des nombreuses technologies dans lesquelles la Chine devrait améliorer son expertise au même titre que la blockchain, les objets connectés et autres technologies à la mode.

Mais en seulement un an, tout à changé

En 2017, Pékin a publié le Plan de développement de l'intelligence artificielle de la prochaine génération (AIDP). Ce document politique essentiel a désigné l'intelligence artificielle comme une technologie stratégique et a fixé comme objectif que la Chine devienne le leader mondial dans ce domaine d'ici 2030, l'intelligence artificielle contribuant à hauteur de 150 milliards de dollars au PIB chinois.

Ensuite, Pékin a fait ce qu'il fait habituellement lorsqu'il veut donner un coup de fouet à une industrie donnée : il a engagé dans une sorte de planification centrale.

En 2017, le gouvernement central a sélectionné cinq grandes entreprises technologiques comme "champions nationaux" de l'IA, en demandant à chacune d'entre elles de se spécialiser dans un domaine donné de l'IA En contrepartie, les champions reçoivent un soutien gouvernemental, comme des financements, des appels d'offres préférentiels et parfois même la protection de leurs parts de marché.

Le principal fournisseur de moteurs de recherche chinois, Baidu, a été chargé de développer la conduite autonome, par exemple.

Le géant du commerce électronique Alibaba, quant à lui, a été chargé de faire progresser la technologie nécessaire à la construction de villes intelligentes.

Entre 2017 et 2020, le nombre de champions chinois désignés de l'IA est passé à au moins 15.

TikTok s'est avéré être un phénomène mondial, en produisant des stars de la vidéo et en donnant naissance à de nouvelles concepts commerciaux.

Les appariements entre le champion et le domaine d'expertise désigné ne sont pas toujours aussi aléatoires qu'il n'y paraît. Avant même la publication de l'AIDP, Baidu investissait massivement dans les véhicules autonomes (AV), peut-être dans le sillage de Google.

L'année précédente, Alibaba avait lancé son service de logiciel intelligent, City Brain, qui utilise l'analyse de données importantes pour aider à la planification et à la gestion urbaines.

Malgré le soutien politique de Pékin, l'approche chinoise de l'IA n'est que semi-centralisée. Une grande partie du travail est laissée aux gouvernements locaux.

Quelque 15 milliards de dollars de nouveaux fonds ont été promis par Shanghai pour l'IA

Tianjin, une autre métropole côtière, a décidé de dédier 16 milliards de dollars de fonds pour l'IA

La ville de Pékin construit actuellement un parc industriel de 2,2 milliards de dollars pour la recherche sur l'IA

Tout comme la victoire d'AlphaGo a attiré l'attention des responsables chinois, les montants en dollars investis par les Chinois pour poursuivre leurs objectifs d'IA ont déclenché une alerte aux États-Unis, qui craignent que Washington n'investisse pas suffisamment dans cette technologie. En novembre 2019, par exemple, la Commission de sécurité nationale du Congrès sur l'intelligence artificielle, présidée par l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, a publié un rapport intérimaire dans lequel elle souligne le fait que la Chine devance les États-Unis en matière de dépenses d'intelligence artificielle. Lors d'un débat en décembre 2019, le candidat démocrate à la présidence Andrew Yang a averti que la Chine "nous (les USA) dépasse en matière d'intelligence artificielle parce qu'elle dispose de plus de données que nous et que son gouvernement la subventionne à hauteur de dizaines de milliards de dollars".

L'administration Trump, quant à elle, a imposé des contrôles à l'exportation sur plusieurs catégories de technologies d'IA afin de tenter de freiner le flux de propriété intellectuelle clé d'IA vers la Chine. Mais les Chinois font également des progrès dans le domaine de la recherche. À en juger par le nombre de dépôts de brevets d'IA et d'articles universitaires publiés sur l'IA, la Chine est désormais au coude à coude avec les États-Unis.

Les progrès rapides de la Chine dans le domaine de l'IA ont beaucoup contribué à égaliser les chances avec l'Occident. Mais à bien des égards, la Chine a encore du chemin à faire. L’argent, la data et la volonté du gouvernement ne fait pas tout. On a beau avoir tous les ingrédients d’une recette, il faut la bonne recette et le bon cuisinier pour que le tout prenne.

Un domaine dans lequel les États-Unis ont une nette avance est celui du matériel. La Chine consomme actuellement 58% de l'approvisionnement mondial en semi-conducteurs. Mais selon le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), seulement 16% des puces utilisées en Chine sont produites dans le pays, et seulement la moitié de celles-ci sont fabriquées par des entreprises chinoises. Pékin prévoit de satisfaire 70 % de sa demande intérieure d'ici 2025 et a promis plus de 100 milliards de dollars à cette fin. Toutefois, le principal fabricant de puces de la Chine, Semiconductor Manufacturing Industry Corp. reste loin derrière ses rivaux occidentaux. Le SMIC n'a commencé à produire des puces de 14 nanomètres que l'année dernière ; les leaders de l'industrie sont tous passés à des puces de 7 nanomètres.

La guerre des talents de l’IA

 En novembre 2019, une commission sénatoriale sur la sécurité intérieure et les affaires gouvernementales américaines a qualifié les stratégies d'acquisition de talents de la Chine de menace pour la sécurité nationale, affirmant que "la Chine utilise injustement la recherche et l'expertise américaines qu'elle obtient pour son propre gain économique et militaire". Le rapport note que les États-Unis n'ont pas de "stratégie globale pour combattre cette menace" de fuite des cerveaux.

L'un des facteurs les plus souvent cités lors de l'examen des avantages de la Chine dans le développement de l'intelligence artificielle est le volume de données disponibles. Les algorithmes de machine learning/deep learning se fondent sur les données pour créer des modèles intelligents.

Dans ce contexte, le développement de la technologie de reconnaissance faciale a été florissant. La Chine abrite deux des entreprises de vision par ordinateur les plus importantes au monde :

la start-up SenseTime, basée à Hong Kong,  a, par exemple, une valorisation de7 milliards de dollars,

Megvii, à Pékin, dont la valeur dépasse légèrement les 4 milliards de dollars et qui prévoit une introduction en bourse à Hong Kong cette année. Megvii exploite la plus grande base de données open source au monde pour la formation à d'autres algorithmes de reconnaissance faciale, Face++, qui compte plus de 300 000 utilisateurs. Elle aurait utilisé des banques de données gouvernementales pour l'aider à élaborer son programme d’entrainement.

La Chine a été critiquée pour son utilisation de la reconnaissance faciale pour surveiller ses citoyens, en particulier la population musulmane ouïgoure, et pour ses expériences de "système de crédit social" qui incorporerait (il y a beaucoup de rumeur) la reconnaissance faciale pour surveiller le comportement. A titre d’exemple, depuis décembre, toute personne achetant une nouvelle carte SIM en Chine est tenue par la loi de se soumettre à une reconnaissance faciale afin de confirmer son identité.

Si l’IA chinoise dispose de centaines de millions de visages pour s’entrainer, cela ne sert à rien lorsqu’il s’agit de RPA, les véhicules autonomes ou d’industrie 4.0, ceci étant, domaines d’application probablement aussi importants dans la révolution de l’intelligence artificielle qui se profile.

Compte tenu des inquiétudes de l’Europe face à l'ambition de la Chine en matière d'IA, même TikTok a fait l'objet d'un examen minutieux. En novembre, le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) a ouvert une enquête pour déterminer si TikTok représentait une menace pour la sécurité nationale, à la suite de rapports alléguant que TikTok partageait des données d'utilisateurs avec le gouvernement chinois. Bytedance, qui a refusé d'être interviewé pour cet article, a nié ces accusations et affirme que ses données américaines sont stockées sur des serveurs situés aux États-Unis ou à Singapour.

Les champions nationaux d'IA

Lorsque la Chine définit une politique industrielle, elle ne laisse pas le succès au hasard. Au contraire, le gouvernement sélectionne des entreprises de premier plan - appartenant à l'État ou non - et les désigne comme "champions nationaux". Les dirigeants des entreprises sélectionnées sont censés travailler à la réalisation des objectifs du gouvernement et sont souvent récompensées par un traitement politique préférentiel et un accès plus facile au financement. En 2017, Pékin a sélectionné cinq entreprises pour mener son programme d'IA Ce nombre est passé à au moins 15. Voici cinq des plus importantes :

  1. Champion : Baidu

Domaine : Conduite autonome

Réalisations : "Le Google chinois" a lancé une plateforme open source pour les logiciels de conduite autonome, appelée Apollo, en 2017. Baidu présente Apollo comme l'équivalent du système d'exploitation Android de Google, mais pour les véhicules autonomes (AV).

  1. Champion : Tencent

Domaine : La vision par ordinateur pour les diagnostics médicaux

Réalisations : L'opérateur de WeChat investit activement dans la santé numérique depuis au moins 2014. Son laboratoire d'IA médicale travaille actuellement sur un système de vision par ordinateur conçu pour diagnostiquer la maladie de Parkinson.

  1. Champion : Huawei Technologies

Domaine : Infrastructure et logiciels d'IA

Réalisations : Huawei, le géant mondial des équipements de télécommunications qui a été au milieu de la bataille commerciale entre les États-Unis et la Chine, a été ajouté à la liste des champions nationaux d'IA de la Chine en septembre 2019. Il a pour mission de renforcer le domaine des devis, de l’edge computing et du cloud".

  1. Champion : Groupe Alibaba

Domaine : Villes intelligentes

Réalisations : Le plus grand conglomérat de commerce électronique de Chine poursuit très travaux dans le cadre du programme « City Brain », qui utilise le cloud et le Big data pour améliorer la planification urbaine et qui est déployé dans 23 villes, dont Kuala Lumpur.

  1. Champion : SenseTime

Domaine : Vision par ordinateur

Réalisations : SenseTime a débuté comme un projet académique à l'Université chinoise de Hong Kong en 2014 et est aujourd'hui un leader dans le domaine de la vision par ordinateur avec une valeur de plus de 7 milliards de dollars. Sa technologie est utilisée dans certains projets de surveillance du gouvernement.

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